TRÍPTICO

 

La thématique du couple est omniprésente dans la culture tanguera. Le plus souvent dépeinte sous des aspects tragiques, la relation amoureuse y est surtout le moteur d’une introspection pour les deux protagonistes.Cette réflexion a été le point de départ du projet de création de Tríptico.

 

Un homme et une femme dont l’union dansée n’est pas la métaphore d’une relation de couple. Leur danse est celle d’un seul et unique personnage, chacun représentant les travers masculin et féminin d’un même être. 

Leur proximité devient alors le symbole d’une solitude profonde, et leurs interactions le reflet des tourments intérieurs habitant une seule et même âme.

Tríptico nous parle d’une quête universelle, des risques qu’elle implique et des blessures qu’elle inflige : la recherche de la paix intérieure.

Au travers de temps de résidence entre Paris et Buenos Aires , la pièce s’est construite en se laissant contaminer par ces différentes influences, prenant une forme hybride, singulière et apatride.

En collaborant avec les chorégraphes argentins Vanesa Villalba et Facundo Piñero, la compagnie Tres Esquinas a provoqué la rencontre de deux univers, celui du tango et de la danse contemporaine, intégrant ainsi les notions de dualité et de complémentarité, thématiques principales de la pièce, au sein du processus de construction de Tríptico.

Trois parties sur trois pièces composées par Astor Piazzolla, pour marquer les différentes tonalités d’une même histoire.

Deux danseurs, un homme et une femme, cohabitent dans le même espace.

Exacerbés dans leurs rapports, ils oscillent entre douceur et brutalité, tendresse et mépris, tous deux à la recherche d’un équilibre fatalement précaire.

Durant les deux premiers temps, les deux danseurs laissent place à leurs instincts primaires. Ils cherchent à déterminer le statut de chacun, prenant tour à tour les rôles de dominant et dominé. L’égalité n’appartenant pas au champ de leurs possibles. 

L’utilisation de portés aériens, de mouvements au sol et de gestuelles percussives spécifiques mettent en relief la prise de pouvoir d’un corps sur l’autre.

Pour la troisième partie, éreintés et résignés, ils se laissent dériver vers le fantasme de l’osmose. Meurtris par des jeux de séduction aux allures de combat, ils s’abandonnent dans une ultime tentative utopique. Les changements de dynamique dans la danse se font alors en symbiose. Les deux corps se tendent et se relâchent à l’unisson dans une gestuelle lascive.